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Voir aussi :   Le Bouddhisme Zen Soto en Martinique     Le Bouddhisme Zen Soto en Guadeloupe

 

Livre présenté lors de cette émission

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avec paiement sécurisé.

Les Enseignements du maître zen Dôgen
Shôbôgenzô Zuimonki

Traduit et commenté par
Kengan D. Robert
Editions Sully

Le Shobogenzo Zuimonki est un recueil d'enseignements du maître zen Dôgen pris en note et consignés par son fidèle disciple et successeur Koun Ejo.

Eihei Dôgen (1200 - 1253) est l'un des grands maîtres de l'histoire du bouddhisme dont l'influence se perpétue jusqu'à nos jours. Fondateur du zen Sôtô au Japon, il est tenu dans la plus haute estime à la fois pour la rigueur de sa pratique monastique et pour l'acuité de son esprit. Son œuvre monumentale, le Shobogenzo est le sommet de la littérature et de la philosophie bouddhiques japonaises mais reste difficile d'accès notamment en raison de grandes difficultés de traduction.

Il en va différemment avec le Zuimonki, qui signifie littéralement " Notes fidèles de paroles entendues ". Koum Ejo a rassemblé des conseils, des admonestations, des réponses à des questions, que Dôgen a délivré au groupe de disciples qui l'entouraient au Koshoji, près de Kyötô qui fut le premier véritable temple zen Sôtô au Japon. Il s'adresse à des moines, des moniales et également des laïcs, dans un langage simple et direct. Il y est question de la pratique, de l'attitude correcte à développer dans la vie, des difficultés rencontrées sur le chemin, qui sont les mêmes aujourd'hui qu'hier. Dogen parle sans ambage de l'Eveil et de la stricte discipline qui y conduit ; son enseignement, limpide et sans équivoque montre, loin des spéculations intellectuelles, ce qu'est réellement la pratique du bouddhisme zen.

Ce Shobogenzo Zuimonki, traduit et commenté à partir de la version la plus ancienne dite de " Chöenji " par Kengan D. Robert, lui-même Maître zen formé au temple de Eiheiji, constitue un véritable joyau pour tous ceux qui veulent découvrir et étudier le zen et le bouddhisme.

Une interview de Rev. Kengan D. Robert

 

En préalable à l'émission Voix Bouddhistes du 20 Janvier 2002
sur le Shobogenzo Zuimonki de Maître Dôgen

Invité : Rev. Kengan Denis Robert

Rev. Kengan Denis Robert est l'un des plus anciens disciples français de Maître Taisen Deshimaru. Il a également passé plusieurs années auprès de Maître Shuyu Narita au temple Todenji (Japon), dont il a reçu la transmission. Il est l'invité de cette émission à l'occasion de la traduction qu'il vient de publier du Shobogenzo Zuimonki, recueil d'enseignements de Maître Dogen consignés par son disciple Koun Ejo.

Dans l'interview réalisée pour le site, Rev. Kengan Denis Robert revient sur les circonstances de sa rencontre avec Maître Narita et sur l'encouragement que ce dernier lui a donné à présenter les enseignements dans un langage adapté aux occidentaux.

Interview de Rev. Kengan Denis Robert (*)

Maître Narita était le condisciple aîné de Maître Taisen Deshimaru auprès de Maître Kôdô Sawaki

Vous avez reçu la certification de maître Narita, à quelle occasion l'avez-vous rencontré ?

Kengan Denis Robert - A la mort de Taisen Deshimaru, je suis allé au Japon où j'ai passé plusieurs années au temple de Todenji auprès de Maître Shuyu Narita. Disciple de Kodo Sawaki dont il avait reçu la certification, il était très proche de Maître Deshimaru. Je l'ai rencontré lors de son séjour en France, pendant la retraite qui a suivi le décès de Maître Deshimaru, au cours de laquelle j'ai été son interprète. Il aura 88 ans cette année.

A la demande de Maître Narita, j'essaie de dégager l'enseignement du Bouddha de sa gangue de culture japonaise.

Comment êtes-vous retourné en France par la suite ?

Kengan Denis Robert - Du fait de ma connaissance de la langue japonaise, Maître Narita m'a demandé de transmettre l'enseignement du Bouddha en France, en le dégageant de sa gangue de culture japonaise, afin que tous puissent y reconnaître le fondement des valeurs ancestrales de cet enseignement. C'est la raison pour laquelle je m'efforce d'utiliser le moins possible les vocabulaires japonais, sanskrit et chinois, en recherchant la façon la plus appropriée de transmettre cet enseignement dans notre langue.

Le monachisme zen tel que l'entend Maître Narita est très proche du monachisme chrétien : c'est un art de vivre qui demande un engagement complet.

Vous avez fondé un monastère à Blois. Comment s'y déroule votre vie de moine ?

Kengan Denis Robert - La vie de moine au sens où me l'a transmise Maître Narita est une vie simple, avec une pratique régulière du recueillement et la pratique constante de l'altruisme du mahayana. C'est une vie qui est très proche de celle des moines chrétiens. Nous avons d'ailleurs des échanges réguliers avec les bénédictins entre monastères zen au Japon et monastères chrétiens en Europe. Par ailleurs je consacre une partie importante de mes journées à l'écriture et à la traduction. Un point important est que je n'impose pas le monachisme à ceux qui viennent pratiquer et étudier à Blois. Il ne s'agit pas en effet d'un monachisme qui serait un simple prolongement de la vie laïque, mais d'un art de vivre qui demande un engagement complet.

Quelle est l'adresse de ce monastère, et comment peut-on y suivre vos enseignements ?

Kengan Denis Robert - Le temple Denshinji, Communauté bouddhique zen soto, est situé 45 boulevard Daniel Dupuis, 41 000 Blois. Les retraites principales ont lieu à l'occasion des fêtes commémorant le parinirvana du Bouddha (8 au 15 février cette année), sa naissance (1er au 8 avril) et son éveil (1er au 8 décembre), dates auxquelles s'ajoute un week-end de retraite mensuel. En dehors de ces retraites, il est également possible de se rendre au temple pour des périodes plus courtes ainsi que pour les pratiques quotidiennes de recueillement assis, le matin de 6h à 7h30, le soir de 19h30 à 21h. D'autre part, chaque mois à Paris, je donne une conférence publique un dimanche après-midi.

Le mot "méditation" n'est pas du tout approprié pour traduire la pratique de zazen, car il indique une cogitation mentale.

Vous dites "recueillement assis". S'agit-il de la pratique du zazen ?

Kengan Denis Robert - Oui. Comme je le disais tout à l'heure, j'essaye d'utiliser la langue française. Le mot méditation n'est pas très approprié pour traduire la pratique de zazen, car il possède une connotation d'activité mentale dans notre culture. Nous, pratiquants du zen soto, sommes "des bouddhistes stupides", car nous ne faisons que refaire ce qu'a fait le Bouddha ! On s'applique à l'immobilité, et rien d'autre. De là vient une défocalisation de la pensée de soi.

Le recueillement est sans attente et sans artifice.

Vous utilisez de même l'expression "recueillement pur et nu" pour traduire "Shikan taza" ("seulement s'asseoir").

Kengan Denis Robert - C'est une expression qui vient de l'abbé Pierre, alors qu'il était franciscain. Recueillement "pur" parce qu'il n'y a rien à atteindre. Et "nu" parce qu'il est sans artifice, sans "moyen habile". Dans le zen, la pratique immédiate du recueillement assis est en elle-même le moyen habile. L'éveil c'est la pratique, et la pratique c'est l'éveil. Le recueillement conduit à son accomplissement, l'individu se retrouve "tel quel" (tathagata = "tel quel advenu"), non-deux.

"Vacuité", c'est l'absence d'affirmation de soi en tant que centre du monde.

Vous dites "Non-deux", c'est le vocabulaire de la non-dualité ?

Kengan Denis Robert - "Non-deux" traduit la "vacuité". C'est le moment du samadhi, où s'exprime l'absolue interdépendance de tous les phénomènes. "Non-dualité" est plus évocateur pour les occidentaux que "vacuité". C'est l'absence d'affirmation de soi en tant que centre du monde.

"Ryokan, moine zen" et "Le Zen et la vie" sont deux livres dont je recommande particulièrement la lecture.

En dehors du Shobogenzo Zuimonki qui constitue la base de vos enseignements, quels sont les ouvrages dont vous recommandez la lecture à ceux qui souhaitent mieux connaître le zen ?

Kengan Denis Robert - Tout d'abord, mon livre de chevet : "Ryokan, moine zen" aux éditions du CNRS. Ryokan a beaucoup inspiré Kodo Sawaki et Maître Narita. Cet ouvrage de Madame Mitchiko Ishigami-Iagolnitzer retrace toute sa vie. Et "Le Zen et la vie", de Shundo Aoyama, aux éditions Sully. Shundo Aoyama est une abbesse japonaise, son livre est très accessible : elle nous y livre son regard sur la vie, très proche du quotidien des gens.

(*) Interview réalisée par Jean Christophe pour l'Union Bouddhiste de France - Texte revu par Kengan D. Robert.

 

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Références

 

Denshinji
45, boulevard Daniel Dupuis
41000 BLOIS - France
Tel. +33 2 54 56 18 56